KAYA FOR EVER

Célébrer Kaya, l’un des plus grands musiciens mauriciens, qui nous a quittés dans des circonstances tragiques il y a 20 ans, et donner un coup de projecteur à la culture rastafari à laquelle il appartenait, c’est ce qu’a voulu faire le Blue Penny Museum en organisant une exposition gratuite du 8 février au 30 mars ayant pour but de retracer la vie du roi du seggae et de lui rendre hommage. Retour sur l’histoire de ce chanteur hors du commun dont on parle aujourd’hui encore et que l’on prend toujours plaisir à écouter.

« Simé lalimier », « Chant lamour », « Fam dan zil », « Racine pé brilé »… Ces morceaux, entre autres, ont toujours autant de succès plus de deux décennies plus tard, même auprès de jeunes qui n’ont pas connu l’artiste. Au cours de sa carrière, Kaya, de son vrai nom Joseph Reginald Topize, a su créer une musique qui accroche avec des paroles qui reflètent la réalité de beaucoup de gens. Considéré comme le créateur du seggae, une musique entre le séga et le reggae, il a fait vibrer toute une génération de jeunes qui s’identifiaient à lui. Malheureusement, son décès tragique survenu le 21 février 1999 dans des circonstances obscures alors qu’il se trouvait en cellule policière, ainsi que les émeutes qui s’ensuivirent, ont un peu éclipsé la vie et les réalisations de cet artiste hors du commun, qui prônait l’amour et la paix.

KayaNé le 10 août 1960 dans une famille de cinq à Roche Bois, un quartier pauvre des faubourgs de la capitale, Joseph Reginald Topize est placé sous la tutelle de son oncle par son père, pêcheur, car il ne pouvait subvenir à ses besoins. Très jeune, il se retrouve livré à lui-même, devant trouver des petits emplois dès l’âge de 8 ans. Adolescent, il apprend à jouer à la guitare et découvre le reggae. Bob Marley devient alors son idole et c’est tout naturellement qu’il adopte le nom « Kaya », qui est le cinquième album de Bob Marley and the Wailers, sorti en 1978.

Avec des amis de Roche-Bois, Kaya crée un groupe appelé Racinetatane en référence au prince malgache Ratsitatanina, l’un des plus grands symboles de la résistance contre l’oppression dans l’océan Indien, et qui a été exécuté à Port-Louis en 1822. En quelques années, Kaya devient célèbre dans tout l’océan Indien. Au cours de sa carrière et de son vivant, l’artiste aura vendu plus de 300 000 albums, un nombre considérable pour une petite île comme Maurice.

Mais la mort violente du chanteur ainsi que le contexte de tension sociale de l’époque font que de graves émeutes éclatent dans toute l’île, partant de Roche Bois et se propageant au reste du pays. Pendant les jours qui suivent, des édifices publics sont attaqués, des commerces pillés, des maisons et des véhicules incendiés. Quatre personnes auront trouvé la mort pendant ces émeutes, dont le chanteur Berger Agathe, ami proche de Kaya, sous les tirs de policiers au cours des confrontations.

Ce n’est qu’une fois le calme revenu, quelques jours plus tard que les funérailles du chanteur ont eu lieu sur le terrain de football de Roche-Bois où quelques milliers de Mauriciens lui ont rendu hommage.

Kaya, de son vrai nom Joseph Réginald Topize, est un chanteur mauricien et le créateur du seggae. Né à Port-Louis dans le quartier de Roche-Bois le 10 août 1960, et tué crapuleusement par la police aux casernes centrales de Port-Louis à l’âge de 38 ans le 21 février 1999, à l’île Maurice.