LE JOUR DE L’ABOLITION

PRÉSENTATION

Une confrontation historique

LE JOUR DE L’ABOLITION du discours du Commissaire de La République Joseph Napoléon Sarda-Garriga sur la Place du Gouvernement .

Le 20 décembre 1848, plus de 60 000 esclaves deviennent libres à l’issue

EXPOSITION

Saint-Denis. L’artiste Alphonse Garreau, installé dans l’île avec Mathilde Fossy , un an plus tard un tableau rappelant « Dissiper la brume »cet évènement, connu aujourd’hui sous le nom d’Allégorie de l’abolition de l’esclavage à La Réunion jusqu’au 15septembre2019 . La vision de cet artiste est celle du pouvoir, celle de l’ordre et du travail. Le sujet principal est Sarda-Garriga. Le message du tableau est clair : la liberté est soumise à l’obligation de travailler. Dans cette œuvre, la foule des anciens esclaves présents sur la Place du Gouvernement reste anonyme.

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Revoir «L’Allégorie…» en rendant présents ces esclaves c’est élargir le sens donné à ce tableau chargé d’histoire. Ainsi le projet du musée Léon Dierx est de mêler histoire et art contemporain. Dissiper la brûme, l’installation de l’artiste Mathilde Fossy créée pour cette exposition offre la possibilité d’un cheminement dans les méandres de l’histoire. Les noms donnés aux esclaves en 1848, au cœur de la proposition artistique, font écho au tableau de Garreau et entrent en résonance avec les patronymes du temps présent, comme une nouvelle allégorie prenant en compte les 170 ans qui viennent de s’écouler.

 

EXPOSITION
“LE JOUR DE L’ABOLITION”

Une exposition en trois parties

La première rassemble des lithographies et gravures issues des collections des institutions culturelles du Département en lien avec la dénonciation du commerce des esclaves et du système servile dans les colonies. Des gravures de la fin du XVIIIe siècle tirées des ouvrages des intellectuels du siècle des Lumières aux gravures en lien avec la première abolition de 1794, des nombreuses estampes critiquant la traite durant la première moitié du XIXe siècle aux tableaux emblématiques commémorant la fin de l’esclavage en Angleterre et en France, le visiteur suit à travers une sélection d’œuvres originales et de reproductions l’évolution historique du discours et sa transcription par les artistes. Une seconde section s’attache aux événements qui se déroulent à La Réunion en 1847-1848 à travers le témoignage artistique de deux artistes présents dans l’île à cette époque : Antoine Louis Roussin (1819- 1894) et Adolphe Potémont (1828-1883). A travers leurs lithographies, le plus souvent satyriques, ils attestent de

 

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la fin de l’esclavage, de l’abolition et des réactions de la population face à cet évènement historique durant ces quelques mois qui bouleversent l’histoire de La Réunion. C’est dans cette partie que se trouve le tableau d’Alphonse Garreau, Allégorie de l’abolition de l’esclavage à La Réunion, conservé au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, qui revient à La Réunion 170 ans après sa création.

Dans une troisième partie, l’œuvre de Mathilde Fossy,Dissiper la brûme, permet d’aller au-delà du tableau. L’installation invite les visiteurs à déambuler dans un espace rythmé de feuilles de plexiglas. Sur ces panneaux sont inscrits les noms des affranchis de 1848 qui forment une foule symbolique. Le cheminement entre les noms représente aussi un mouvement allant du passé au présent dans lequel s’inscrit chacun d’entre nous. « Le choix de cette matière transparente, reflète enfin le souhait de mettre à nu, mettre à jour les multiples vérités de cet événement, éclairer toute la scène de l’Histoire ».

 

LES ARTISTES

Née à Saint-Denis en 1991, Mathilde Fossy grandit à La Réunion avant de quitter son île natale pour poursuivre ses études en métropole. Elle obtient en 2012 un BTS en communication visuelle puis en 2014 un diplôme supérieur d’arts appliqués en design graphique à l’École Supérieure d’Arts Appliqués de Bourgogne, avec un projet de fin d’étude sur l’exil. Elle s’initie à la sérigra- phie durant un stage à l’Atelier du Bourg et poursuit sa passion pour les techniques d’impressions en complétant sa formation avec un stage à Sydney dans une imprimerie en letterpress : The Distillery. Passionée par la typographie, elle participe durant l’été 2016 au workshop international Type@Paris où elle créée « Alain », une police de caractères inspirée par les chansons d’Alain Peters. Depuis 2016, elle est installée à La Réunion où elle

exerce une activité de designer graphique indépendante, et réalise en 2018 sa première exposition personnelle : Slash Colorama Optimistic, un travail à la croisée mobile du graphisme contemporain et de l’oeuvre d’art plastique.

 

170 ANS DE L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE • EXPOSITION – LE JOUR DE L’ABOLITION

LES ARTISTES

Alphonse Garreau

1792-1865

Né à Versailles le 17 avril 1792, Alphonse Garreau effectue des études à l’Ecole des beaux-arts de Paris, à partir de 1816. Elève d’Antoine Gros, il figure au Salon de 1819 à 1827, où il expose des portraits et des peintures d’histoire.

En 1832, Garreau embarque pour Bourbon. Il y épouse en première noce Geneviève Louise Berger. Dix ans plus tard, le 3 février 1842, il contracte une seconde union avec Françoise Dauphine Ruben de Couderc. Installé à Saint- Denis, il meurt dans cette ville le 12 octobre 1865.

Nous connaissons mal l’œuvre de ce peintre dont peu de tableaux nous sont parvenus. Le musée Léon Dierx conserve plusieurs portraits dont il est l’auteur : il semble avoir eu un succès certain auprès de la bourgeoisie locale.

Il est surtout célèbre pour la toile que possède le musée du Quai Branly : l’Allégorie de l’abolition de l’esclavage à La Réunion, 20 décembre 1848. Cette importante peinture d’histoire est une vision symbolique de ce jour historique.

1911.15.13 Portrait CHRESTIEN

170 ANS DE L’ABOLITION DE L’ESCLAVAGE • EXPOSITION – LE JOUR DE L’ABOLITION

PARTENARIAT

L’association Constellation est une structure associative dionysienne. Elle promeut des projets artistiques dans des domaines différents : Art plastique, spectacle vivant, édition, scénographie, installation urbaine. Ces créations sont réalisées sous la direction de Camille Touzé. Elles sont produites en lien étroit avec des artistes et par une équipe de prestataires de qualité.

Chaque année, dans le domaine des arts plastiques, Constellation décide d’un programme d’activités en fonction des artistes, des opportunités
de projets. Ainsi, cette programmation se concrétise en expositions inédites, aide à

la professionnalisation, en actions liées à l’export et à la vente, en activités et projets d’éducation artistique pendant la période scolaire ou en lien avec des structures culturelles de La Réunion (Musée Léon Dierx, Cité des Arts, Le Séchoir, etc.)

Depuis six ans, leurs actions ont pour objectif
de proposer une structure professionnelle qui
associe prise de risque, exigence esthétique
et invitation au dialogue. Dans la mesure de ses moyens, Constellation souhaite être une structure d’appui, non-lucrative, accessible toute l’année, pour

des artistes ayant fait le choix de vivre de leur art.

Enfin, elle développe en parallèle une maison d’édition et un atelier d’impression d’art via la sérigraphie.