Le grand musicien américain est décédé ce dimanche à Dallas à l’âge de 55 ans.

C’est une triste nouvelle relayée au creux de la nuit sur les réseaux sociaux : Lucky Peterson est décédé ce dimanche à l’hôpital de Dallas où il avait été transporté en urgence, d’après un communiqué publié il y a quelques heures sur la page Facebook de l’artiste . Âgé de 55 ans seulement, le chanteur, guitariste et organiste américain était plus que jamais l’un des dépositaires les plus légitimes du blues, avec un demi-siècle de scène à son actif. Né le 13 septembre 1964 à Buffalo près de New York, Judge Kenneth Peterson de son vrai nom s’était en effet produit à l’orgue dès l’âge de cinq ans devant Willie Dixon qui, stupéfait, l’avait pris sous son aile.  S’en est suivi une période d’enfant prodige de l’orgue où il devient la star des plateaux TV et interpréta notamment lors d’un Ed Sullivan Show le morceau 1-2-3-4, une reprise du Please, Please, Please de James Brown. Lucky Peterson a plus tard accompagné à l’orgue des artistes comme Mighty All Stars, Mavis Staple ou encore Bootsy Collins. En 2009, le blueman publiait le coffret Organ Soul Sessions, un hommage à Quincy Jones, Amy Winehouse, Kenny Burrell, Johnny Cash, les Neville Brothers ou Leon Russell. Il y a quatre ans, il célébrait encore avec Tribute to Jimmy Smith le maître de l’orgue Hammond B-3 qui fût l’un de ses professeurs (avec Bill Doggett). Durant sa longue carrière, Lucky Peterson a toujours conjugué le blues au pluriel, un parcours qu’il annonçait comme un simple « échauffement » sur le titre de son album Just Warming up! publié à l’automne dernier sur le label français Jazz Village. Un disque naviguant avec passion entre tempêtes de guitares blues électriques, émotions du delta blues avec la complicité de l’harmoniciste Sugar Blue, cuivres rhythm’n’blues ou ballades soulful.Sur cet ultime album, la voix rauque du bluesman résonne, toujours avec la même profondeur, et c’est sur un tempo reggae lancinant qu’il contait alors son rapport intime avec cette musique qui l’a choisi, « plus qu’il ne l’a choisi ».