Rendez-vous le VENDREDI 04 FÉVRIER | 18H SAMEDI 05 FÉVRIER | 18H AU  SÉCHOIR PITON

Pendant 3 ans, Nicolas Givran sera artiste associé au Séchoir. Être associés, c’est une façon de faire du chemin ensemble. Bien sûr, avant tout, nous allons soutenir son travail, notamment sa prochaine création, L’amour de Phèdre, de Sarah Kane qui verra le jour en 2023, mais la présence de Nicolas et de sa compagnie nous aidera aussi à questionner nos pratiques, à inventer ensemble ce qui n’existerait pas sans ce compagnonnage. Nicolas s’est prêté au jeu d’une interview «théâtre/vie ».

De quoi as-tu le plus peur au théâtre ?

Que tous les spectateurs sans exception viennent me faire un retour à la fin d’une représentation (c’est aussi le cauchemar de Wajdi Mouawad, la classe !). Et puis de l’Amour de Phèdre bien sûr.

Et dans la vie ?

Que mes enfants partent avant moi.

Qu’est-ce qui te fait le plus envie au théâtre ?
L’Amour de Phèdre bien sûr.

Et dans la vie ?

D’être grand-père.

Qu’est-ce qui te donne des raisons d’espé- rer dans ton métier ?
Les subventions (rires).

Et dans ta vie à toi ?

Le fait d’être amoureux.

C’est quoi ton 1er souvenir de scène ?

Je joue pour la 1re fois, je suis à genoux, les mains sur les oreilles pour ne pas entendre le public qui rentre, je suis tétanisé.

Et ton 1er souvenir tout court ?

Mon 1er baiser sur la bouche. Avec la langue, en plus. C’était à la maternelle, sous des tapis de judo.

Tu as des cicatrices théâtrales ?

Plein.

Une en particulier ?

Dis oui, il y a 10 ans s’est arrêté brutalement. Et au même moment, alors que je me prome- nais à Avignon, j’ai vu l’affiche du spectacle, monté par un autre. Ça m’a fait mal. Re- prendre le spectacle aujourd’hui, en français, en anglais et en créole referme doucement la blessure, mais il reste une cicatrice.

Et une cicatrice physique ?

J’en ai une mignonne entre 2 côtes. je fais croire que c’est à la suite d’un coup de tourne- vis dans un combat de rue, mais en fait c’est un grain de beauté qu’on m’a enlevé.

Finis la phrase du poème de Boris Vian « je voudrais pas crever avant de… », dans ton métier d’abord.
Je voudrais pas crever avant que tout devienne évident. Monter sur scène, être spectateur… C’est encore trop compliqué pour moi.

Et dans ta vie justement ?

Là c’est simple, je voudrais pas crever avant de remonter sur un ring.

La dernière question : comment ça va finir tout ça ?
Sur scène ! comme dit Dalida, ça finira très bien ou très mal, mais sur la scène.

Et le monde, comment il va finir ?

Par des îlots d’étreintes.

1RE PARTIE – DI WI

Que dit Nicolas Givran en reprenant en créole cette pièce choc ? Quelque chose d’essentiel, la capacité du créole à tout exprimer. Pas seulement la légèreté ou le temps lontan, mais aussi les aspérités du présent. À travers l’histoire d’un jeune homme qui écrit à un père qui ne lui répond pas, Givran nous rappelle l’essentiel : à l’origine de toute fureur qui se déchaîne, il y a d’abord la solitude.

ENTRACTE

Présentation de la saison en 7 minutes chrono.

2E PARTIE – LES DHAL TONES

Pour sa carte blanche, Nicolas Givran prend tous les risques en invitant pour nous le 1er live des Dhal tones, un tout jeune groupe… Enfin « tous les risques », quand on sait que ce groupe rassemble Sami Pageaux Waro, Bino Waro, Gilles Lauret et Damien Mandrin, on ne risque rien. Surtout que Nicolas nous réserve encore quelques surprises…

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L’ÉQUIPE

Di wi : Nicolas Givran interprétation, mise en scène, co-traduction, réalisation vidéo
Sami Pageaux Waro, musique, co-traduction, réalisation vidéo Daniel Keene, texte original « Monologue sans titre » Jean Marie Vigot, régie générale
Serge Parbatia, régie son

Les Dhal Tones : Sami Pageaux Waro, Bino Waro, Gilles Lauret et Damien Mandrin
Spécial guest : Zanmari Baré

photo © Cédric Demaison