
connecter les marchés, créer de réelles opportunités économiques
Les 11 et 12 mars 2027, La Réunion accueillera la troisième édition du CEO Summit Indian Ocean, après deux rendez-vous organisés à Madagascar. Avec 600 participants attendus et une ambition élargie à l’international, l’événement entend rapprocher entreprises, investisseurs et décideurs pour faire émerger de nouvelles coopérations. Un enjeu stratégique pour un bassin économique encore trop fragmenté. L’objectif : transformer la proximité géographique en véritable levier de croissance.
Dans l’océan Indien, les entreprises partagent un même bassin, mais restent confrontées à des marchés cloisonnés, à des réseaux parfois difficiles d’accès et à un manque de visibilité sur les opportunités des territoires voisins. C’est précisément sur ces freins que veut agir le CEO Summit, dont la prochaine édition se tiendra à La Réunion, les 11 et 12 mars 2027. Né à Madagascar en 2024, le rendez-vous franchit une nouvelle étape en s’installant sur le territoire réunionnais. L’objectif affiché : réunir jusqu’à 600 participants, dont environ 300 venus de l’extérieur, et représenter plus de 30 pays. Au-delà des dirigeants de Madagascar, Maurice, des Comores, des Seychelles et de Mayotte, les organisateurs souhaitent attirer des acteurs d’Afrique, d’Asie et d’Europe, notamment d’Inde et de Chine.
Décloisonner les marchés
Pour La Réunion, l’enjeu dépasse l’accueil d’un événement économique. Le territoire doit pouvoir valoriser ses entreprises, ses savoir-faire et ses filières auprès de partenaires qu’elles peinent parfois à rencontrer hors de leur marché habituel. « Notre avenir économique se joue dans notre capacité à agir au sein de notre région », a rappelé Pascal Plante, conseiller régional délégué à l’internationalisation des entreprises et président de La Réunion Développement. Ce dernier a insisté sur la double appartenance réunionnaise, à la fois indo-océanique et européenne. Encore faut-il que les échanges débouchent sur des résultats. Les organisateurs entendent donc privilégier les rencontres ciblées, les mises en relation qualifiées et le suivi des contacts après le sommet. Le Club Export Réunion en fait un axe central : préparer les dirigeants en amont, les mettre en relation avec les bons interlocuteurs, puis accompagner les échanges jusqu’à leur concrétisation. Lors de la précédente édition, menée à Madagascar, les entreprises réunionnaises participantes ont notamment noué des contacts avec des prospects et partenaires potentiels. La programmation reflète cette volonté de répondre aux besoins du bassin : agribusiness et sécurité alimentaire, tourisme, financement de la croissance, économie bleue et verte, santé, connectivité régionale, transports, capital humain et innovation. Autant de secteurs où la coopération peut favoriser de nouveaux débouchés, des investissements ou des partenariats entre entreprises complémentaires.
De la rencontre à la connaissance
Mais la coopération économique ne repose pas uniquement sur les mises en relation. Spécialiste en intelligence économique et dynamique internationale, le docteur Jérôme Vellayoudom a souligné un autre obstacle : le manque de connaissances structurées sur les marchés de la zone. Les entreprises et les institutions disposent encore de trop peu de données comparables pour comprendre les réalités des territoires voisins et anticiper leurs évolutions. Parmi les pistes évoquées figure la création d’un réseau de chercheurs travaillant sur les enjeux économiques et géopolitiques de l’océan Indien. Un média numérique d’information stratégique est également annoncé pour 2027, afin de mettre cette expertise à la disposition des entreprises et des acteurs publics. À plus long terme, un projet d’enseignement de l’intelligence économique à l’échelle régionale est à l’étude. Cette ambition suppose toutefois de dépasser les déclarations d’intention. Les difficultés de déplacement, les contraintes de visa, l’accès au financement et la capacité des entreprises à transformer les contacts en contrats demeurent des enjeux concrets. Les organisateurs souhaitent aussi dresser le bilan des engagements pris lors des éditions précédentes. Pour les entreprises réunionnaises, le rendez-vous de mars prochain sera donc autant une vitrine qu’une occasion de préparer leur développement. Car le véritable succès du CEO Summit Indian Ocean 2027 ne se mesurera pas seulement au nombre de délégations réunies, mais aux alliances, aux marchés et aux projets qui survivront aux deux journées de rencontres.
Des objectifs précis pour notre île

Pour les entreprises réunionnaises, le CEO Summit Indian Ocean représente un levier stratégique pour dépasser les contraintes du marché local et s’inscrire dans une dynamique régionale. Voici les objectifs spécifiques de ce sommet :
1. S’affranchir des limites du marché local : avec un marché de 900 000 habitants, les entreprises réunionnaises font face à un plafond de verre. Le CEO Summit leur permet de viser des marchés plus larges dans l’océan Indien et bien au-delà.
2. Accéder aux décideurs sans voyager : l’événement permet de rencontrer sur place, à La Réunion, des investisseurs, partenaires et clients étrangers sans faire de longues distances.
3. Valoriser le savoir-faire local : il s’agit de montrer concrètement les capacités de production, les innovations, les chercheurs et les talents réunionnais aux délégations internationales.
4. Nouer des partenariats concrets : l’objectif est de passer de la simple rencontre à la signature de contrats ou d’alliances stratégiques, en bénéficiant d’un accompagnement pour le suivi des échanges.
5. S’intégrer dans une stratégie d’attractivité : le sommet s’appuie sur la stratégie d’internationalisation de la région, permettant aux entreprises de s’aligner sur les secteurs prioritaires identifiés pour le développement du territoire.
6. Accélérer l’innovation et la recherche de financement : pour les startups et entreprises innovantes, c’est une opportunité de pitcher, de rencontrer des pairs et de lever des fonds nécessaires à leur croissance.
Les verbatims les plus forts…
Pascal Plante — La Réunion Développement
« Nous sommes une terre indo-océanique et une région européenne. Cette double appartenance nous donne une place particulière. La Réunion sera le véritable hotspot de l’économie régionale, un lieu où les talents rencontrent les marchés, où les projets rencontrent les moyens d’agir, où les voisins deviennent des partenaires. »
Tantely Rakotomalala — BECOM, cofondatrice du sommet
« L’objectif du CEO Summit est de passer de la vision à l’action en renforçant les connexions entre les entreprises, les capitaux, les marchés et surtout entre les territoires. »
Catherine Payet — Stratégie & Territoire
« On peut être aussi brillants que possible, mais on est confrontés à des limites qui sont celles de notre marché local. Il nous faut des réponses aux questions : comment est-ce qu’ensemble, on arrive à être plus fort ? Comment est-ce qu’on parvient à être plus visibles ? Comment être plus attractifs pour faire avancer le développement collectivement et individuellement ? »
Tiana Rasomimanana — Syndicat des Industries de Madagascar
« Nous sommes en train de rêver d’un marché commun de l’océan Indien. Nous sommes en train de mettre en place une vision commune, de maîtriser notre région et d’aller au-delà de nos frontières, car nous savons que le développement ne se fera pas dans l’autarcie. »
Julien Le Goff — BRED Réunion-Mayotte
« Notre objectif de soutien au CEO Summit consiste à créer des ponts, des synergies, des alliances avec les dirigeants d’entreprise, les entrepreneurs, mais aussi les investisseurs. Ce sommet sera l’occasion de passer des intentions aux rencontres et des rencontres aux projets. »
Sabina Marcadet — Club Export
« L’océan Indien est un carrefour économique, un espace d’alliance et de débouchés. Aujourd’hui, pour nos chefs d’entreprise à La Réunion, ce n’est plus un choix, c’est une nécessité. »
Sara Vencatachellum — French Tech Réunion
« Ce qui est important pour l’édition de 2027, c’est que dans les huit territoires d’opportunités, l’innovation est transversale. Notre but est d’offrir aux entrepreneurs des
opportunités d’affaires et de parvenir à trouver des investissements parce que c’est aussi le nerf de la guerre pour l’innovation. »
Régis Moreau — MEDEF Réunion
« Le CEO Summit OI m’étonne d’année en année, l’événement regroupe de plus en plus de monde. Nous sommes aujourd’hui également des acteurs de cette économie et nous avons envie d’y prendre part dès maintenant. »
Kevin Payet — Business France
« L’édition une était un défi, l’édition deux était une confirmation et l’édition à La Réunion devra être un rayonnement international. Pour les entreprises réunionnaises, il est important de pouvoir développer des liens de proximité avec le bassin régional et de positionner aussi la France dans ce bassin océan Indien à plus grande échelle. »
Patricia Paoli — Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion
« Pour nous, l’enjeu est très clair : permettre aux entreprises réunionnaises de développer leur réseau, d’accéder à de nouveaux marchés et de nouer des partenariats stratégiques dans l’océan Indien et bien au-delà. Le CEO Summit représente un formidable accélérateur lié à cette dynamique. »
Béatrice Alperte — Ambassade de France à Madagascar
« Cette édition doit être mise sous le sceau du rayonnement, avec l’idée d’associer le plus grand nombre possible de partenaires d’autres continents. »
Jérôme Vellayoudom — Intelligence économique et dynamique internationale
« Nos organisations publiques et privées ont besoin de connaissances construites. Or, on est sec de connaissances construites sur la zone océan Indien. Le CEO Summit n’est pas un événement économique de plus, c’est la manifestation qui prend en compte les réalités dans une granularité fine des problématiques des organisations privées et publiques de nos territoires. Le CEO Summit décloisonne l’économie en permettant à des acteurs modestes de rencontrer des acteurs plus importants et précisément de changer d’échelle. »









