SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2026
9h00 – 12h30
MoCA- Montgaillard
Une matinée pour interroger ce qui ne se voit pas toujours… mais qui nous relie –
- LE RENDEZ-VOUS
Depuis plusieurs années, le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement (CCEE) de
La Réunion propose, à travers sa manifestation interculturelle, un espace de réflexion consacré à ce
qui contribue à faire société à La Réunion.
Pour cette cinquième édition, le CCEE choisit de s’intéresser à une dimension moins visible de
notre identité collective :
la spiritualité réunionnaise.
Une spiritualité souvent vécue, parfois transmise, mais rarement interrogée comme composante de
notre identité culturelle.
Que reste-t-il de nos héritages dans notre rapport au monde ?
Comment les croyances, les pratiques et les imaginaires se rencontrent-ils ?
Qu’est-ce qui relie les vivants aux ancêtres, au territoire, à la nature et à ce qui les dépasse ?
Autant de questions qui seront mises en discussion au cours de cette matinée.
Un principe pourrait résumer l’esprit de cette manifestation :
Ne pas chercher à dire aux Réunionnais ce qu’est leur spiritualité, mais leur proposer un
cadre pour la penser ensemble. - POURQUOI PARLER DE SPIRITUALITÉ ?
À La Réunion, la spiritualité ne se résume pas à la religion. Elle peut se manifester dans les gestes
du quotidien, les rapports à la nature et aux lieux, la mémoire des disparus, les pratiques
populaires, les manières de transmettre, les formes de respect, de crainte ou d’espérance.
Elle traverse les appartenances sans nécessairement s’y réduire.
Elle est faite de circulations, d’emprunts, d’adaptations et de créolisations successives.
Le CCEE pose une question simple, mais rarement abordée :
Pourquoi parle-t-on si peu de spiritualité lorsque l’on évoque l’identité réunionnaise ?
Parce qu’elle relève de l’intime ? Parce qu’elle est trop sensible ? Ou parce qu’elle échappe aux
catégories habituelles de l’analyse ?
La spiritualité réunionnaise est peut-être un impensé. Non pas parce qu’elle serait absente.
Mais parce qu’elle est diffuse. Parce qu’elle se situe parfois précisément entre les catégories.
La spiritualité est abordée non comme un objet religieux, mais comme une dimension de
l’expérience humaine et culturelle, susceptible d’éclairer notre manière d’habiter le monde et de
vivre ensemble. - UNE MANIFESTATION INSCRITE DANS UNE HISTOIRE
La manifestation interculturelle du CCEE s’inscrit dans un travail engagé depuis plusieurs années
autour du commun réunionnais : ce socle de pratiques, de langues et de représentations qui permet
à des origines plurielles de faire société sans s’annuler.
Depuis 2022, les éditions précédentes ont notamment exploré :
L’espace alimentaire, la langue créole, la musique, les savoirs et pratiques traditionnels et
cette année la spiritualité.
Autant de « zarboutan », ces fondateurs et piliers de notre culture, qui participent à la construction
de l’identité culturelle réunionnaise.
Cette cinquième édition poursuit ainsi un mouvement : descendre progressivement du plus visible
vers ce qui se laisse moins voir.
De ce qui se partage…à ce qui se ressent.
De ce qui se transmet…à ce qui se vit.
Du visible…à l’invisible. - POURQUOI LE 26 SEPTEMBRE ?
Habituellement organisée au mois de mai, en écho à la Journée mondiale de la diversité
culturelle pour le dialogue et le développement, célébrée chaque année le 21 mai à l’initiative de
l’UNESCO, la manifestation est déplacée au samedi 26 septembre 2026, en raison de contraintes
calendaires.
Cette nouvelle date conserve cependant une forte cohérence avec la démarche du CCEE. Elle se
situe à l’orée du mois d’octobre, traditionnellement consacré à la créolité, et ouvre ainsi un
temps de réflexion sur ce qui fonde, construit et transforme l’identité culturelle réunionnaise.
Une autre date, mais la même ambition : comprendre, partager et transmettre ce qui fait la
singularité de notre société créole. - HUIT REGARDS POUR UNE MÊME QUESTION
La matinée réunira huit intervenants, aux parcours et aux approches différentes.
Cette diversité est volontaire : il ne s’agit pas de proposer une définition unique de la spiritualité
réunionnaise, mais de faire dialoguer des expériences, des savoirs et des regards.
Sully ANDOCHE
Le vécu et l’invisible
Une entrée sensible et personnelle autour de l’expérience de l’invisible et de ce qui se vit sans
toujours pouvoir s’expliquer.
Mario SERVIABLE
Histoire, rencontres et construction créole
Une réflexion sur les rencontres entre populations, cultures et croyances qui ont contribué à
construire la société réunionnaise.
Daniel MINIENPOULLÉ
Le regard des religions
Président du Groupement de Dialogue Inter Religieux de La Réunion, il apportera le regard des
représentants des cultes sur cette notion de spiritualité réunionnaise.
Jacqueline ANDOCHE
Observer, comprendre, transmettre
Un regard anthropologique sur les pratiques, les savoirs et les expériences qui permettent
d’interroger la spiritualité sans l’enfermer dans une définition unique.
Younous JONAS
Une spiritualité réunionnaise ?
Une mise en question de la notion elle-même : existe-t-il une croyance commune ou faut-il plutôt
parler d’une manière réunionnaise de relier le visible à ce qui le dépasse ?
Radjah VELOUPOULE
Le sacré dans l’identité réunionnaise
Une réflexion sur le sacré, l’altérité et la dimension relationnelle de l’identité réunionnaise.
Raymond LUCAS
Saint-Expédit : une croyance populaire au-delà des appartenances
À travers son ouvrage St-Expédit, ki sa mi lé, il explorera une figure emblématique des croyances
populaires réunionnaises et les formes d’appropriation qui peuvent dépasser les frontières
confessionnelles.
Danyel WARO
Léspri domoun LaRényon dann Maloya Danyèl
Le maloya, genre musical emblématique de La Réunion, porte en lui une dimension sacrée, héritée
des traditions malgaches et africaines introduites par les esclaves. Danyèl Waro, en tant que figure
majeure de ce courant, en fait une œuvre vivante, où la spiritualité s’exprime à travers des thèmes,
des instruments et une poésie profondément ancrés dans l’histoire et la cosmogonie réunionnaise.
LES MOTS-CLÉS DE CETTE 5e ÉDITION
SPIRITUALITÉ – IDENTITÉ CULTURELLE – INTERCULTURALITÉ – CRÉOLISATION
SACRÉ – INVISIBLE – TRANSMISSION – MÉMOIRE- CROYANCES POPULAIRES –
ALTÉRITÉ – COMMUN RÉUNIONNAIS – VIVRE-ENSEMBLE
INFORMATIONS PRATIQUES
Manifestation interculturelle du CCEE – 5e édition le samedi 26 septembre 2026 de 9h00 à
12h45 au MoCA – Montgaillard (Saint-Denis de La Réunion).
Titre de la manifestation : « Lamayaz lavi èk linvizib » – La spiritualité réunionnaise, un
impensé –
Manifestation organisée par le Conseil de la culture, de l’éducation et de l’environnement
(CCEE) de La Réunion.
UNE DÉMARCHE : FAIRE DIALOGUER, PAS CONCLURE
Le CCEE ne cherche pas, à travers cette manifestation, à définir ce que serait « la » spiritualité
réunionnaise. Par ailleurs, il ne s’agit ni d’ériger une pratique en modèle, ni de figer un héritage
vivant, ni d’opposer croyance et raison, ni de sacraliser ou de disqualifier.
Il s’agit d’ouvrir un espace de dialogue. Une démarche qui s’inscrit pleinement dans l’esprit de
l’éducation populaire.
La manifestation du CCEE n’est pas un colloque académique au sens classique, ni une simple
succession de conférences. Elle se situe dans un espace assez original : celui d’une réflexion
citoyenne, portée par une institution consultative, qui s’appuie sur des savoirs scientifiques, des
expériences de vie, des traditions culturelles et des sensibilités diverses pour nourrir le débat public.
En choisissant le sous-titre « La spiritualité réunionnaise, un impensé », l’ambition du CCEE est
d’ouvrir une question qui, jusqu’à présent, n’a pas véritablement trouvé sa place dans le débat public.
C’est là que réside en partie l’originalité de cette cinquième édition.
Le pari du CCEE :
Le thème de cette édition revêt également une dimension particulière non seulement par son sujet,
mais aussi parce qu’il pose une question de fond qui dépasse largement le cadre de cette journée :
Comment une institution publique peut-elle ouvrir un espace de réflexion sur un sujet aussi
sensible que la spiritualité, sans prescrire, sans enfermer, mais en donnant à chacun les
moyens de penser et de dialoguer ?




