Après la présidentielle, la Fédération nationale des collectivités pour la culture reprend son bâton de pèlerin pour les législatives, en espérant que cette fois-ci les candidats parleront de politique culturelle. L’enjeu est de taille : la culture est encore marquée par les stigmates de la crise sanitaire, et le président réélu semble décidé à redemander des économies financières aux collectivités.

« Il n’a quasiment pas été question de culture dans le débat électoral [de la présidentielle] », regrette la Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC) dans une déclaration publiée le 4 mai.

Pour autant, les élus à la culture ne baissent pas la garde : ils comptent porter auprès des candidats aux élections législatives leur Manifeste pour une république culturelle décentralisée, publiée le 27 janvier dernier en vue de l’élection présidentielle. Les priorités sur lesquelles questionner les candidats à la députation sont déjà sur la table.

La culture finalement apparue comme « essentielle »

Plus que jamais, compte tenu du contexte, l’enjeu est crucial. D’abord parce que le secteur culturel reste marqué et affaibli par la crise sanitaire.

En rappelant les enseignements tirés de la pandémie de Covid, la FNCC souligne d’ailleurs en creux combien l’absence de ce secteur d’activité dans la campagne présidentielle a pu surprendre :

– la culture apparue, finalement, comme « essentielle », à travers le « désarroi provoqué par son absence ;

– la fragilisation du secteur culturel par la succession de mesures restrictives dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus ;

– le rôle des pouvoirs publics pour préserver la diversité de la création et des pratiques ».

Menace sur la culture

Ensuite, les intentions du président réélu le 24 avril inquiètent les élus locaux en général, et ceux de la culture en particulier : Emmanuel Macron compte imposer une nouvelle fois des économies budgétaires aux collectivités, à hauteur de 10 milliards d’euros sur la durée de son second quinquennat. Projet que l’AMF entend bien combattre.

Comme le rappelle la FNCC à chacune de ses interventions, «  le foisonnement qui singularise la vitalité culturelle française s’appuie de manière essentielle sur l’engagement des collectivités. Elles ont été au rendez-vous pour soutenir les professionnels face à la pandémie. »

Quatre chantiers pour les futurs députés

La FNCC met donc sur la table quatre chantiers :

– l’accroissement de « la coopération entre l’Etat et les collectivités et engager des modalités de financement ouvertes, souples et respectueuses des stratégies culturelles des territoires » ;

– la reconnaissance de « toutes les pratiques artistiques et culturelles, toutes les esthétiques » dans les politiques culturelles ;

– « l’égale représentation des femmes et des hommes dans la création artistique » et la parité dans les postes de responsabilités culturelles ;

– la place des jeunes « au coeur des objectifs des politiques culturelles publiques » par la promotion des pratiques en amateur et par le développement de l’éducation artistique et culturelle…

Source : lagazettedescommunes.com