Avec Soubat, Lino Mérion a choisi de créer une danse autobiographique. Il y raconte sa rencontre avec le Krump. En 2020-2021, c’est avec le dispositif Guétali qu’il a pu proposer ce spectacle lors d’une dizaine de représentations.  Ce spectacle, c’est son histoire ! Avec « Soubat », Lino Mérion revient à travers une danse autobiographique sur sa rencontre avec le Krump, un style de danse né à Los Angeles au début des années 2000. A l’occasion du Guétali 2020-2021, Lino a pu présenter celui-ci dans une dizaine de lieux. « C’est un moment d’échange important, explique-t-il. Tous les jeunes n’ont pas les moyens d’aller au théâtre, là il y a en plus une proximité. »  Seul en plateau, Lino avait envie de raconter son parcours, depuis son enfance à Saint-Gilles les Hauts. Danser n’était pas une évidence pour celui qui prendra ses premiers cours à l’âge de dix sept ans.  « J’ai découvert la danse en regardant Mickaël Jackson et l’émission de Sydney H.I.P.H.O.P, se souvient-il. J’essayais de les imiter chez moi. » Lino prend pour la première fois des cours auprès de Nina Joys au Saint-Gym. Il intègre dans la foulée la crew Osmose et, à l’époque, travaille tous les styles du Hip Hop : danse au sol, danse debout. Un véritable B Boy… qui ne va pas tarder à changer de style. 

« Le kramp n’est pas considérée comme un des mouvements du Hip Hop, précise-t-il, c’est une danse née à Los Angeles en réaction après les émeutes de 2000. Tomy le Clown a créé un style, le clowning, qui a inspiré le projet. Des jeunes ont pris la suite créer un style qui canaliserait la violence. » Rapidement cette musique aux rythmes ralentis pour favoriser des mouvements accélérés parle à Lino. On y mêle les placements de la danse classique, des « jabs » (coups) venus de la boxe et une grosse dose de danse africaine. « Au début, je me disais que si je faisais du Krump ici à La Réunion, on me prendrait pour un fou », se souvient le futur kramper. Déjà que le Hip Hop était vu comme une danse de voyous. » Lino part en Métropole en 2011 pour se former et rencontre un danseur qui lui annonce tout de go qu’il a l’esprit du Krump et devrait sincèrement s’y mettre. Le conseil ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.  « J’ai conçu mon histoire comme un parcours partant de l’enfance à l’adolescence. Le mot Soubat, ce n’est pas au sens de se bagarrer, mais au sens de se relever. » A la musique, Lino invite Thomas Millot, un musicien lyonnais qui vient à La Réunion s’imprégner des sons de l’île. « Nous avons croisé un homme qui vit dans la rue et se fait appeler Dame des Bois et qui chante sa vie à la manière du Sega, raconte Lino. Je l’ai enregistré pour utiliser ce passage. »  Au contact des plus jeunes, Lino aime partager sa passion. Il aime aussi leur franchise. « Avec eux ça passe ou ça casse. » A aucun moment ça n’a cassé ! Le parcours de vie devait porter un message fort. 

Texte Nicolas Bonin

Photos dr