Avec « Ce n’est rien voilà tout # », la compagnie Artefakt a proposé à travers 14 dates avec le dispositif Guétali, une version plus courte de son spectacle consacré aux violences verbales et au genre. « Ce n’est rien voilà tout# » enfin ce n’est pas rien, c’est le spectacle de la compagnie Artefakt, l’astérisque indique qu’il s’agit d’une variante plus courte du spectacle du même nom. Cette version tient en trente minutes. Composée de deux solos abordant les questions des violences verbales et de la confrontation entre le genre et la profession, la pièce est sortie en février 2020. La compagnie Artefakt interroge la danse Hip-Hop, à travers des spectacles engagés. « J’ai commencé à travailler sur le projet en 2018, se souvient la chorégraphe et danseuse, Céline Amato. J’avais envie de prendre le temps pour travailler avec des danseurs. J’ai choisi des interprètes avec un potentiel créatif qui aimeraient ne jamais refaire la même chose à chaque fois. Chaque lieu où nous jouons mérite d’avoir son histoire.»  À l’origine Céline Amato ne devait pas danser sur cette pièce, elle ne danse pas dans la version longue, mais pour guétali, les événements l’ont ramenée sur le plateau. Jusqu’en 2020, c’est Podj qui complète le duo avant d’être remplacé par Claudio Rabe, venu du monde du Hip-Hop. La tournée débute avec quatre dates sur 2020, complétée par une dizaine de dates en 2021. Pour sa dernière date, la compagnie s’est confrontée au jeu en extérieur avec le jardin Maniron. Et le guétali dans tout ça ? « C’est une super expérience, explique Céline Amato. J’avais des doutes au début. Je me demandais quelle place prendrait la Région dans le choix des dates. Je me suis rendue compte que ça permettait surtout d’aller dans des espaces autres que les lieux dédiés habituellement à la culture. Nous avons pu rencontrer des publics qui ne vont pas spécialement au théâtre. »

Pour la créatrice qui aime laisser une part à l’improvisation dans ses pièces au point de laisser aux interprètes la possibilité de modifier l’ordre du spectacle, le défi a surtout permis d’intégrer pleinement la contrainte du lieu dans l’œuvre. « Nous avons dû tordre la pièce pour l’adapter au temps et aux contraintes, précise la chorégraphe. Nous étions au service des lieux. Dans une école, par exemple, nous avons décidé de couper en deux la pièce pour la jouer dans deux espaces différents. » Avec une machine à confettis comme bagage, la troupe a souvent dû faire preuve d’ingéniosité. « J’ai aimé visiter les lieux en amont et pouvoir m’en imprégner, raconte Céline Amato. L’endroit donne un caractère au jeu. » Mercredi 19 mai, Artefakt a présenté au théâtre Vladimir Canter son quatrième spectacle « Big Mother ». Tout une promesse.

Texte Nicolas Bonin

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