20 millions d’euros supplémentaires seront mobilisés pour les équipes artistiques les plus fragiles. Le gouvernement a annoncé jeudi 11 mars de nouvelles mesures pour l’emploi dans le secteur culturel et l’accès des intermittents aux congés maladie et maternité, sans se prononcer sur la demande de prolongation de « l’année blanche » au-delà d’août, selon un communiqué du ministère de la Culture. Ces 20 millions d’euros viendront s’ajouter aux 30 millions d’euros prévus dans le plan de relance pour 2021.

Le Premier ministre Jean Castex et la ministre de la Culture Roselyne Bachelot ont rencontré en visioconférence les organisations syndicales du secteur de la culture, qui tirent la sonnette d’alarme un an après le début du premier confinement, alors que les occupations de théâtres s’amplifient en France. 20 millions d’euros supplémentaires seront mobilisés pour trois des secteurs les plus en difficulté: « Les équipes artistiques les plus fragiles, compagnies de danse et théâtre, ensembles musicaux… ; les résidences d’artistes et les équipes artistiques en région » pour les aider à préparer la reprise (préparation de spectacles et répétitions); et enfin les jeunes diplômés du spectacle vivant qui arrivent sur un marché du travail sinistré ».

Ces 20 millions d’euros viendront s’ajouter aux 30 millions d’euros prévus dans le plan de relance pour 2021. A également été abordée la situation des intermittents qui bénéficient jusqu’au 31 août 2021 d’une prise en charge par l’assurance chômage au titre de « l’année blanche ». Une mission dresse actuellement un diagnostic de leur situation au 31 août 2021 et va « proposer une réponse adaptée » à ces professionnels, a assuré le ministère.

La CGT appelle à la poursuite de l’occupation des lieux culturels

« Aucune piste n’est à ce jour écartée et le gouvernement s’appuiera sur les conclusions de la mission, attendues pour fin mars, pour se concerter avec les organisations syndicales sur les solutions qui seront mises en œuvre », a-t-il précisé, sans se prononcer sur la revendication, centrale, d’une prolongation de « l’année blanche » pour les intermittents. Le Fonds d’urgence FUSSAT, mis en œuvre pour accompagner les intermittents qui ne peuvent bénéficier du dispositif de l’année blanche, « sera réabondé de 10 millions d’euros, ce qui le portera en 2021 à 17 millions d’euros ».

Les nouvelles mesures prennent aussi en compte « les situations de certains intermittents qui, faute d’activité professionnelle suffisante, rencontrent des difficultés pour atteindre les seuils fixés permettant l’ouverture de droits aux prestations maternité, maladie ou affections de longue durée ». La réglementation sera provisoirement modifiée pendant la crise sanitaire « afin que les intermittents conservent leurs droits à congés maladie et maternité », a précisé la rue de Valois.

« Le bilan n’y est pas ! On nous a lâché des miettes, des aumônes, 20 à 30 millions d’euros pour soutenir l’emploi alors qu’il en faut au moins vingt fois plus », a regretté le secrétaire général de la CGT spectacle, dénonçant également la poursuite de la réforme de l’assurance-chômage, après cette réunion à laquelle il participait. En conséquence, « le mouvement d’occupation des lieux (culturels) continue. Nous appelons à l’étendre et à poursuivre la lutte », a-t-il ajouté, précisant que les autres syndicats du secteur étaient « bienvenus » pour s’y joindre .