C’est l’histoire d’un petit bonhomme en mousse, mais rien à voir avec la chanson ! Ce petit bonhomme naît sur scène, grandit, se déplace, accompagné par Charlène et Marion Dubosq. On peut même se demander s’il est unique ou double. Cette marionnette, c’est « Yaka », le spectacle du Théâtre des Alberts, né durant le confinement, des plumes de Vincent Legrand et Sylvie Espérance, auxquels se sont jointes les deux actrices, Charlène et Marion. Le spectacle a pu tourner, grâce au dispositif Guétali, sur dix représentations, essentiellement en milieu scolaire. Auparavant, il a pu bénéficier d’une première le 16 octobre 2020, à la salle Georges Brassens des Avirons, co productrice du spectacle.

« Le Guétali permet de varier les lieux, explique Cécile Massa-Trucat chargée de communication de la compagnie. Il offre à des écoles la possibilité de bénéficier d’un spectacle qu’elles ne pourraient pas toujours s’offrir. C’est aussi un sacré soutien à la création ! » Conditions sanitaires oblige, la compagnie n’a pas pu jouer dans un Ephad, comme prévu initialement, elle s’est reportée sur une tout public à Yourte en scène à Saint-Leu. Fort heureusement pour les Alberts, les mesures en milieu scolaire étaient plus souples. Cette petite tournée de dix dates a débuté le 10 décembre 2020 pour se poursuivre jusqu’au 18 mars 2021. Chaque représentation a été suivie d’un bord de scène permettant au public d’échanger avec l’équipe et les acteurs. « C’était un plaisir partagé, note Cécile Massa-Trucat, les enfants avaient des questions à poser ! »

Charlène et Marion Dubosc n’en sont pas à leur première collaboration avec les Alberts, elles avaient notamment participé à Pssst en 2016. « Yaka » est l’occasion pour elles de retrouver sur scène un personnage entièrement en mousse et, ici, en trois parties (bras, jambes et une tête en forme de boule). Le bonhomme interagit avec ses manipulatrices, dans une ambiance bon enfant. Cette petite innovation scénique étonnera les fans des anciens spectacles du théâtre des Alberts, moins ceux qui ont vu « Planète » et les pièces suivantes. Côté musique, on vit durant 35 minutes au rythme de la musique circassienne de Gérald Loricourt. La compagnie reconnaît avoir eu l’idée de ce spectacle de l’envie en pleine crise sanitaire de « l’envie de relativiser, de rire, de tourner les choses en dérision, de partager des moments joyeux et singuliers avec les autres, avec le public. »

Le théâtre des Alberts est né en 1994 avec l’envie de mettre en avant la marionnette sous toutes ses formes. On leur doit de nombreux spectacles avec des adaptations d’œuvres d’écrivains réunionnais comme Joëlle Ecormier (« Théodore le passager du vent » ou « Avenue zéro ») ou Teddy Iafare Gangama (Tigouya).  La compagnie porte le festival Tam-Tam qui reprend des couleurs après plusieurs années compliquées. Il sera de retour dans le quartier du Ruisseau et à Lespas du 4 au 13 octobre prochain. Cette année quatre compagnies métropolitaines et belges devraient se joindre à la fête pour une dizaine de spectacles. 

Guétali

Yaka, le petit bonhomme en mousse qui est né dix fois

Pour le théâtre des Alberts, le dispositif Guétali a permis au petit bonhomme Yaka de naître lors de dix représentations auprès des publics scolaires.

Texte Nicolas Bonin

Crédits Photos ©Olivier Padre